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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/72

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À M. VILLEMAIN, MINISTRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.



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Il y a, en Finlande, deux littératures et deux poésies : l’une issue du sein du pays même, comme la source profonde qui jaillit du milieu des roches de granit, l’autre apprise dans les écoles et enseignée par une voix étrangère ; l’une qui enlace dans ses larges et forts rameaux les croyances traditionnelles, les mythes religieux, les mœurs anciennes de la nation, l’autre qui est comme le reflet d’une nouvelle histoire et d’une nouvelle civilisation ; l’une enfin qui est l’expression énergique, naïve, spontanée, du peuple même, l’autre qu’il accepte comme une parure. La première s’appelle poésie finlandaise, la seconde poésie suédoise. Celle-là remonte jusqu’aux temps les plus reculés, et s’est perpétuée par le récit oral dans la cabane du bûcheron, dans le pœrte du paysan ; celle-ci a été importée par les beaux esprits, propagée par les livres, et s’adresse surtout aux gens lettrés. Nous essaierons premièrement de parler de la poésie finlandaise, et nous devons dire d’abord quelques mots de la mythologie, qui en est un des élémens essentiels.

Les divers symboles de cette mythologie sont très obscurs et très compliqués. La plupart n’ont entre eux aucune liaison apparente, et il est difficile de les