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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/71

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M. Morsy. — Et tu as cru reconnaître M. Seeburg ?

Jean. — J’ai bien cru reconnaître M. Paul, c’est vrai.

M. Morsy. — Eh bien ! Jean, tu t’es trompé. Ce pauvre Paul, entraîné et trompé par des amis, précisément à deux heures et demie, cette nuit, s’est laissé enivrer et a commis une folie qui l’a fait arrêter. Voici le procès-verbal du commissaire de police, et je vais aller le réclamer. Tu conçois qu’il ne pouvait à la même heure de deux heures et demie donner en même temps un coup de poing à toi ici et un autre coup de poing à un agent de police à une lieue et demie d’ici. Fais mettre un cheval au cabriolet, tu viendras avec moi.

Comme ils étaient en route, ils passèrent sur la lisière du pré, où ils virent couché par terre et dans l’herbe le cheval dont Paul s’était servi.

— Voilà un cheval qui ne fait pas bien, dit Jean ; voilà quinze jours qu’il est au vert sans travailler, et il est là couché comme un cheval éreinté.


XV.


Le lendemain, Paul, délivré, glissa à Cornélie une lettre écrite dans la prison, dans laquelle lettre il lui racontait ce qu’il avait fait pour la sauver. Je ne sais si dans l’esprit de Cornélie il ne se mêla pas un peu de dépit à l’admiration que lui causa la conduite de Paul Seeburg.

Toujours est-il que l’ame de feu Bressier se trouva complètement découragée, qu’elle vit que cet amoureux n’était pas assez pressé pour elle, et qu’elle quitta Cornélie et Paul Seeburg pour chercher définitivement fortune ailleurs.

Peut-être la reverrons-nous.

 Alphonse Karr.

 (La seconde partie au prochain n°.)