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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/67

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de monsieur est une patraque ; c’est un fait acquis au procès ; sinon, je refuse positivement de signer.

Le Commissaire. — Après tout, Raymond, si vous n’êtes pas bien sûr de l’heure…

Raymond. — Je ne peux pas dire que j’en sois tout-à-fait sûr, mais cependant…

Le Commissaire. — Et vous, Wolgan.

Wolgan. — Pour moi, je ne sais pas.

Seeburg. — Et moi, je sais qu’il était deux heures et demie.

Le Commissaire. — Du reste, c’est une circonstance peu importante, et qui ne vous empêchera pas de passer la nuit en prison. Mettons deux heures et demie… Que ledit Seeburg avait, vers deux heures et demie…

Raymond. — Il me semble bien, cependant, qu’il était plus près de trois heures que de deux heures et demie.

Le Commissaire. — C’est égal… Vers deux heures et demie brisé avec des pierres deux carreaux de vitre de la chambre occupée par ledit sieur Wolgan. Le susnommé Seeburg, dûment appréhendé au corps par ledit Raymond, lui aurait donné un coup de poing ; nonobstant quoi, amené devant nous, accompagné du sieur Wolgan, il n’a nié aucun des faits de la plainte. En foi de quoi nous l’avons envoyé en prison pour qu’il ait à se faire réclamer par quelque personne établie et connue. De quoi tout avons dressé procès-verbal, qu’ont signé le prisonnier ainsi que l’agent de la force publique, Raymond, et le sieur Wolgan, plaignant. Voulez-vous signer, Seeburg ?

Seeburg. — Bien volontiers. Puis-je avoir une copie du procès-verbal ?

Le Commissaire. — Vous la recevrez avant midi. Conduisez-le à la prison. Voici le jour ; ce n’est pas la peine de me recoucher.

Seeburg. — Monsieur le commissaire, je suis vraiment chagrin de vous avoir dérangé.

Un peu après le dîner, ce même jour, M. Morsy avait changé d’idées ; il dit à sa femme : — Aglaé, je pense que monsieur Seeburg viendra dans l’après-dîner comme de coutume. Je voudrais causer avec lui ; ne pourrais-tu faire une visite et emmener Cornélie ?

Mme Morsy. — Quels secrets si terribles as-tu donc avec Paul ? et qu’est-il arrivé pour qu’en parlant de lui tu dises monsieur Seeburg ?

M. Morsy. — Oh ! mon Dieu ! rien ; c’est pour une affaire… une chose qui a rapport à la musique.