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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/556

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faible somme. C’est donc surtout au moyen des taxes de consommation que l’Angleterre fait face à tous ses besoins. Voici, d’après l’exposé de sir Robert Peel, à quel chiffre ces taxes et les aires sont évaluées pour 1842-1843 :


Accise 13,450,000 liv. sterl.
Douanes 22,500,000
Timbre 7,100,000
Postes 500,000
Propriétés de la couronne 150,000
Taxes 4,400,000
Produits divers 250,000

En tout 48,350,000 liv. ; ce qui, en estimant pour la même année la dépense à 50,819,000 liv., donne un déficit probable de 2,569,000liv. Mais ce déficit s’accroît de ceux des cinq années précédentes, qui ne montent pas à moins de 7,502,000 liv. Le déficit total, sans compter les dépenses extraordinaires de la Chine et de l’Afghanistan, est de 10,070,000 liv. (271,750,000 fr.). Encore est-il probable qu’il faudra venir au secours de la compagnie des Indes, dont les dépenses, depuis deux ans, excèdent annuellement les revenus de 2,400,000 liv. à peu près.

Voilà le mal. Voici maintenant le remède. C’est en 1798, au fort de la guerre de la révolution, que pour la première fois l’Angleterre songea à frapper d’une taxe unique tous les revenus. A cette époque, les besoins étaient grands, et cette taxe fut portée à 10 pour 100. Seulement les revenus inférieurs à 50 livres furent exempts, et les revenus de 60 à 150 livres soumis à un droit réduit. Quant aux profits des fermiers, qui sont difficiles à apprécier, on les évalua aux trois quarts du fermage, et ils furent imposés en conséquence. Après la paix d’Amiens, l’income tax fut réduite à 5 pour 100 ; mais en 1805 on la releva à 6 1/4, et en 1806 à 10, taux primitif d’où elle ne descendit plus jusqu’à la paix. Une tentative fut faite alors pour la maintenir en la diminuant ; mais cette tentative échoua, et l’income tax, avec son cortège de formalités minutieuses et inquisitoriales, succomba, dès les premiers votes, aux acclamations générales du pays.

Il y a entre l’income tax de 1814 et celle de 1842 quelques différences notables. La première, c’est que celle-ci est d’un peu moins de 3 pour 100 au lieu de 10 (7 d. par livre). La seconde, c’est qu’elle ne frappe pas les revenus inférieurs à 150 livres. La troisième, c’est