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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/337

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rique au cœur même d’une de ses provinces. Toutefois le premier, le plus important résultat du traité de Washington, celui qui domine tous les autres et que l’Angleterre aurait acheté à un plus haut prix encore, c’est d’avoir résolu une question considérée comme inextricable ; c’est d’avoir pacifié l’Occident et rendu à la Grande-Bretagne la liberté de disposer de toutes ses forces dans d’autres parties du monde.

Les deux autres points du traité ne demandent que peu d’observations. Le premier a trait à la répression du commerce des esclaves. La traite des noirs est, comme on le sait, prohibée par les lois des États-Unis, mais l’esclavage est maintenu dans les états où il existait avant l’émancipation des colonies anglaises de l’Amérique. L’article 10 du traité de Gand, conclu entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, le 24 décembre 1814, condamne le commerce des esclaves comme inconciliable avec les principes de l’humanité et de la justice. Le gouvernement des États-Unis n’a donc fait aucune concession en s’engageant à unir ses représentations à celles de l’Angleterre auprès des états qui autorisent encore ce trafic. Par l’article 8 du nouveau traité, les deux gouvernemens s’engagent à équiper et à entretenir sur la côte d’Afrique une force navale qui ne devra pas être moindre de quatre-vingts canons, pour faire exécuter, séparément et respectivement, les lois stipulées pour la répression du commerce des esclaves ; les deux escadres devront être indépendantes d’une de l’autre, mais les deux gouvernemens s’engagent à donner aux commandans des stations des instructions qui leur permettront d’agir de concert, après consultation mutuelle, selon que les circonstances l’exigeront ; et des copies de ces instructions devront être remises par chacun des deux gouvvernemens à l’autre.

Cet article du traité n’a, comme on le voit, aucune importance, et n’établit en aucune façon le droit de visite réciproque. La sincérité des efforts faits pour réprimer la traite dépendra des dispositions du pouvoir exécutif du jour, des instructions qu’il lui conviendra de donner aux commandans de ses croiseurs, et des dispositions personnelles du commandant même de la station. Il serait donc superflu de chercher ici une occasion de polémique sur la question du droit de visite.

L’article 10 règle une convention mutuelle d’extradition de tous les individus qui se seront rendus coupables d’une violation quelconque du droit commun, comme le meurtre, la piraterie, le vol, la fabrication de fausse monnaie, etc. Cette convention a déjà été exécutée depuis la conclusion du traité, bien que la ratification du gouvernement anglais ne lui ait pas encore été officiellement donnée. Les journaux américains ont annoncé dernièrement qu’un homme qui avait commis un vol en Écosse, et qui s’était réfugié aux États-Unis, avait été arrêté à New-York. Mais cette stipulation n’a rien de particulier, et est de la même nature que celles qui existent sur la même matière entre presque tous les états civilisées.

Quand nous avons dit que l’Angleterre avait réglé ses affaires du côté de l’occident, du côté de l’ouest, comme disent les Anglais, nous n’avons voulu