Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/324

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


DIPLOMATIE ETRANGERE.




DU NOUVEAU TRAITÉ
ENTRE L’ANGLETERRE ET LES ÉTATS-UNIS.




Quand la nouvelle de la conclusion du traité de Washington est parvenue à Londres, la joie publique a d’abord été universelle et sans mélange. L’Angleterre semblait avoir un poids de moins sur le cœur. La querelle des frontières, que réglait la nouvelle convention, était comme un souvenir des anciennes guerres de l’indépendance ; c’était un dernier mot que les colonies émancipées avaient encore à dire à leur ancienne métropole. Le pacte signé dans la capitale officielle du Nouveau-Monde semblait donc mettre pour la première fois le sceau à la réconciliation des deux peuples, renouveler l’antique alliance du sang, des mœurs et du langage, et greffer de nouveau sur le vieux tronc la branche que la tempête du dernier siècle en avait violemment arrachée. Aussi avons-nous vu l’Angleterre, pendant quelques jours, saluer avec allégresse cette apparence d’une ère nouvelle et répondre des bords de la Tamise aux acclamations qui accueillaient son représentant sur l’autre côté de l’Atlantique.

Mais, le premier moment passé, quand est venu le quart d’heure de Rabelais, lorsque lord Ashburton a présenté le bilan du traité qu’il venait de conclure, et qu’on a additionné ce que coûtait l’amitié de l’Amérique, cette recrudescence de sentimens sympathiques s’est sensiblement calmée, et l’Angleterre est restée partagée entre la satisfaction d’avoir résolu une des ques-