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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/183

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nous avoir forcé la main, on nous dira intolérans et exclusifs .... Quel est l’emploi de ma journée ? Dans le tourbillon qui m’entraîne, vous êtes ma mémoire, vous réglez ma vie. Si je ne vous avais pas, je marcherais au hasard comme une horloge dérangée.

LE CHEF DU CABINET.

Ce matin, travail avec M. le secrétaire-général et MM. les chefs de division, s’il est possible.

LE MINISTRE.

S’il est possible ! Je vais les expédier tous : à midi, plus une seule affaire en retard.

LE CHEF DU CABINET.

A une heure, conseil chez le roi.

LE MINISTRE.

J’irai de bonne heure. S arrive toujours le premier et se ménage ainsi

des conversations particulières.

LE CHEF DU CABINET.

Après le conseil, séance aux deux chambres. Au Luxembourg, rapport de deux pétitions de votre département. J’ai déposé près de vous des notes qui vous permettront de discuter les questions qu’elles soulèvent. Au palais Bourbon, discussion de la loi des sucres.

LE MINISTRE.

Je resterai à la chambre des pairs ; je ne veux pas prendre parti dans cette loi : mon port de mer ne plaisante point ; je n’ai pas envie de compromettre ma réélection.

LE CHEF DU CABINET.

Vous vous feriez élire dans un collège où la betterave aurait la majorité. Vous imiteriez ce député qui, en changeant d’arrondissement, a changé d’opinion... et de sucre.

LE MINISTRE.

Le plus sûr est de m’abstenir. Mon absence ne fera aucun tort à la loi.

LE CHEF DU CABINET.

Ce soir, réception chez les ministres de la rive gauche.

LE MINISTRE.

Voilà une journée bien remplie. Mais occupons-nous de nos affaires, le temps s’écoule Vous avez été à l’Opéra hier soir ? Y avait-il beaucoup de monde ?

LE CHEF DU CABINET.

Salle comble.