Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/182

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


L’HUISSIER

Il est rentré fort tard dans la nuit ; le bal de l’ambassadeur d’Angleterre l’a retenu jusqu’à deux heures du matin.

LE CHEF DU CABINET.

Jamais de repos : le monde, la politique, l’administration, il faut satisfaire à tout à la fois.


SCENE II.
LES MÊMES, LE MINISTRE. (Il arrive par la porte du cabinet particulier.)
LE MINISTRE à l’huissier.

Ne laissez entrer personne ce matin ; je suis accablé de travail. Ce n’est pas jour d’audience. Je veux être seul. (L’huissier se retire.)

LE CHEF DU CABINET.

Puissiez-vous jouir de quelques heures de liberté ! Votre bureau est couvert de dossiers qui réclament une prompte solution. Les chefs de division n’ont pas pu arriver jusqu’à vous depuis huit jours ; ils se plaignent de l’encombrement et demandent en grâce quelques momens de travail.

LE MINISTRE.

Ils sont bien impatiens ; à chaque jour suffit sa peine. Commençons par le plus pressé. Que disent les journaux ce matin ?

LE CHEF DU CABINET.

Toujours à peu près le même langage : des injures contre le ministère dans les feuilles de l’opposition, de grands éloges dans les autres.

LE MINISTRE.

C’est dans l’ordre. Les Débats parlent-ils de mon discours d’hier ?

LE CHEF DU CABINET.

Pas un mot.

LE MINISTRE.

Ce silence affecté est le fruit de quelque intrigue ; je la découvrirai. Du reste, rien de particulier sur mon ministère ?

LE CHEF DU CABINET.

La Presse attaque M. le secrétaire-général ; le Siècle le défend avec aigreur.

LE MINISTRE.

Appui maladroit. Ils feront si bien, que nous serons obligés de lui donner un successeur et de nous brouiller irrévocablement avec son parti ; et, après