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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/180

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REVUE DES DEUX MONDES.

un milieu entre le seizième pour cent du tarif de 1692 et le tarif de 1821, qui, dans son application actuelle, prélève en moyenne un demi pour cent. Quelle que soit d’ailleurs la proportion accordée par l’Angleterre, le commerce aura toujours gagné un point important pour sa sécurité en obtenant un nouveau tarif conçu avec unité, simplicité, et qui fermera à l’arbitraire l’immense latitude qu’il s’était assurée par celui de 1821.

Nous espérons que le commerce de toutes les nations profitera bientôt des avantages que les négociations, conduites à bonne fin par lord Aberdeen, vont procurer aux commerçans anglais. Pour ne pas être aussi considérables, il est vrai, que ceux de l’Angleterre, nos intérêts engagés dans le commerce de l’Allemagne par l’Elbe ne sont pas indignes de toute attention, de toute sollicitude. La partie de nos exportations pour l’Allemagne qui prend cette voie emploie une centaine de navires et forme une valeur annuelle d’environ 15 millions. Nos vins entrent pour 6 millions dans ce chiffre, et on sait que la ville de Hanovre elle-même en est le principal entrepôt dans l’Allemagne du nord. Marseille, Bordeaux, le Havre, ont de nombreuses relations avec Hambourg. La solution de la question des droits de Stade ne doit donc pas être regardée par nous avec indifférence. Notre gouvernement, qui se préoccupe trop peu d’étendre nos relations commerciales, songe-t-il à nous faire participer aux avantages que l’Angleterre va recueillir de son arrangement avec le Hanovre ? Cette question, il est vrai, n’est pas de celles qu’un ministre peut proclamer à la tribune comme son plus beau titre de gloire ; mais le pays verrait avec satisfaction notre commerce dégagé des entraves des droits de Stade, et placerait sûrement ce modeste résultat bien au-dessus des rêves qu’on a pu faire et qu’on fait encore à l’endroit du Zollverein germanique.


— Il vient de paraître à la librairie Hachette un ouvrage vraiment utile. Nous voulons parler du Dictionnaire universel de M. Bouillet, immense répertoire de noms, de dates et d’observations scientifiques. L’auteur a voulu réunir dans le cadre le plus net et le plus restreint tout ce qui tient à l’histoire du monde, annales des peuples, biographie des individus, mythologie et géographie. En entreprenant cette ouvre si longue et si difficile, il n’a point suivi servilement les traces des écrivains qui avaient publié avant lui des ouvrages du même genre, il a revu et refait ce qui avait été fait précédemment, vérifié chaque document et soumis chaque page de son livre à une sévère critique. Grace à ces recherches laborieuses, poursuivies avec conscience pendant longues années, M. Bouillet est parvenu à composer un ouvrage que l’on peut consulter en toute sûreté, une encyclopédie portative qui doit être désormais placée dans la bibliothèque des gens du monde et le cabinet des hommes d’étude.



V. de Mars.