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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/176

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pas dans toutes ses parties l’opinion si ferme, nous avons presque dit si tranchante, de M. Bugeaud ? Ce qui aurait pu n’être qu’un sujet d’examen, de discussion, de transaction, deviendrait un dissentiment éclatant, M. Bugeaud parait mettre le marché à la main au gouvernement, et lui dire avec ces formes qui lui sont familières : Tout ou rien. — Si le fait est réel, ces remarques seraient fondées. M. Bugeaud aurait en effet suivi une marche insolite et qui pourrait étonner, s’il n’était pas reçu de nos jours que tout le monde en fait à sa tête. Mais est-il vrai que M. Bugeaud a publié son écrit sans autorisation expresse ni tacite de l’autorité supérieure ? Nous l’ignorons.

Quoi qu’il en soit, il est facile de prévoir que la question de l’Algérie, les questions de douanes et d’union commerciale feront l’an prochain le fond de nos discussions parlementaires. Le ministère aura là de grandes et difficiles luttes à soutenir. L’inaction lui sera un péril comme l’action. Par l’inaction, il se ferait accuser d’impuissance, même par une partie de ses amis ; en agissant, en présentant aux chambres des mesures nouvelles, surtout en ce qui concerne notre commerce extérieur, il jette l’alarme dans son propre camp et brise son parti.

Au reste, une véritable inaction est impossible. Tous nos voisins étouffent, et ils ne peuvent point ne pas nous demander les moyens de respirer en nous faisant des propositions et des offres. Les accepter ou les repousser, c’est agir, car c’est décider de grandes questions, des questions d’avenir ; c’est assumer une immense responsabilité. Faisons des vœux pour que les intérêts particuliers et l’esprit de parti ne s’emparent pas seuls de la discussion et ne nous préparent pas des résolutions peu dignes et d’amers regrets.




La diplomatie britannique, qui veille avec une si infatigable activité aux affaires du commerce anglais, est sur le point de conclure avec le Hanovre une convention importante au sujet des droits de Stade. L’arrangement dont on annonce la prochaine conclusion intéresse au plus haut degré la navigation de l’Elbe, et par conséquent une portion très considérable du commerce extérieur de l’Allemagne. En faisant abstraction de ses expéditions sur les ports prussiens et sur Trieste, l’Angleterre répand par le canal de l’Elbe les cinq sixièmes au moins de ses exportations directes dans les états de la confédération germanique. Cette branche seule de son commerce est évaluée annuellement à 150 millions de francs. Hambourg, qui est le principal intermédiaire de ces fructueuses relations, lui offrirait à peu près tous les avantages d’un port franc, si par une étrange anomalie elle ne rencontrait dans les murs mêmes de la ville libre les douanes du roi de Hanovre, plus onéreuses au commerce par les vexations de toute sorte qu’elles lui suscitent, que par l’importance des tributs auxquels elles le soumettent.

Les droits de Stade, c’est ainsi que l’on désigne les taxes perçues par la