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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/611

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mer ; enfin au midi le golfe du Mexique entre l’embouchure de la Sabine et celle du Nueces : telles sont à peu près les grandes lignes naturelles qui marquent sur la carte la délimitation du Texas. Pour les faire coïncider de tous les côtés, il faut tirer entre quelques-unes de ces lignes naturelles, dans une direction ou dans l’autre, des lignes conventionnelles ou imaginaires, qui n’existent guère, pour la plupart, que sur le papier, et qu’on trouvera indiquées sur toutes les bonnes cartes du Mexique. Le vaste territoire ainsi délimité touche aux États-Unis par l’est et une partie de la frontière du nord, et au Mexique, sauf les futurs contingens, par toutes les autres frontières. Les états de la confédération anglo-américaine limitrophes du Texas sont la Louisiane et l’Arkansas ; les provinces mexicaines sont celles du Nouveau-Mexique, de Chihuahua et de Cohahuila. A l’époque du voyage de M. de Humboldt à la Nouvelle-Espagne, l’intendant de San-Luis-Potosi, dont la province du Texas dépendait sous le rapport administratif, regardait comme sa limite orientale le Rio Mermentas ou Mexicana, qui débouche dans le golfe du Mexique, à l’est de la Sabine ; mais, par l’art. 3 du traité de Washington du 22 février 1819, conclu avec l’Espagne, les États-Unis ont avancé leur frontière à l’ouest jusqu’à la Sabine. En ce moment même, l’état d’Arkansas sollicite du congrès la démarcation plus précise de ses limites du côté du Texas ; et quand la nouvelle république aura été reconnue par son ancienne métropole, il y aura aussi une question de frontières à décider entre elle et le Mexique. Par exemple, un ouvrage sur le Texas, publié à New-York en 1838 par le révérend M. Newell, me paraît reculer beaucoup trop au nord les limites de ce pays, quand il les étend jusqu’au 42e degré de latitude, sur le parallèle du Massachussets et du Connecticut. Il me semble qu’une pareille extension empiète terriblement sur la province espagnole de Santa-Fé ou du Nouveau-Mexique. Actuellement les États-Unis, le Texas et le Mexique ne se disputent guère respectivement que des déserts, comme dans le siècle dernier l’Angleterre et la France, à propos du Canada, de la vallée du Mississipi et de la Louisiane ; mais la population marche vite dans ces solitudes d’aujourd’hui, qui seront défrichées demain, et ces questions de frontières, qui embrassent la possession, de grandes lignes navigables, comme le Rio Bravo del Norte, ou de grands débouchés commerciaux, sont dès à présent fort importantes. On en jugera, par quelques détails que je donnerai plus tard.

Je ne chercherai pas à indiquer entre quels degrés de latitude et