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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/583

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que l’Indus est devenu de fait, comme il était destiné par la nature à le devenir, la frontière occidentale de l’empire hindo-britannique, cet état de décadence va faire place, comme par miracle, à une activité et une prospérité sans cesse croissantes. Les obstacles politiques qui s’opposaient au développement et à l’utilisation des ressources naturelles de ces vastes contrées ont disparu. Ils ont disparu devant la volonté intelligente de la nation anglaise, représentée sur cette terre lointaine par un véritable homme d’état et un grand citoyen, car tel nous apparaît lord Auckland à la tête de ce vaste empire de l’Inde, dont il vient de consolider la puissance. Quelles que soient nos opinions, nos sympathies particulières, nos répugnances peut-être, nous ne pouvons refuser notre admiration à de semblables actes. L’humanité tout entière doit applaudir à des mesures dont l’énergie prévoyante a avancé d’un demi-siècle le triomphe de la civilisation européenne dans ces pays qui languissaient depuis si long-temps sous le joug du despotisme le plus ignorant et le plus immoral à la fois. L’agriculture encouragée, l’industrie protégée, le commerce ouvert à la concurrence des nations de l’Europe et de l’Asie, les rapports intérieurs améliorés et consolidés dans un but d’avenir, les rapports extérieurs étendus et rendus de jour en jour plus profitables, tels sont les bienfaits que la domination anglaise promet aux peuples qui habitent les bords de l’Indus ; tels sont les devoirs qu’une saine politique lui impose. Puisse la France s’associer à l’accomplissement d’une œuvre si belle, en contribuant à établir dans ces pays lointains l’heureuse influence de la civilisation et du commerce !


A. DE JANCIGNY.