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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/579

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poullah, qui est très délicate), ailerons de requin, ghi, et quelque peu d’indigo, etc.

Le langage du Sindh est d’origine hindoue. Les classes élevées parlent un persan corrompu ; les basses classes, un jargon mêlé de sindhy et de pandjâby : le sindhy est une langue écrite, mais nous ne savons pas quels sont les caractères qu’elle emploie.

Avant de nous occuper des ressources que pourront offrir au commerce les contrées situées à l’ouest de l’Indus, à la suite des grands changemens que la domination anglaise doit amener dans l’administration des pays afghans, nous croyons intéressant de comparer le système du Gange avec le système de l’Indus, et de rattacher à cette comparaison l’étude politique du domaine de ce dernier fleuve.

Les sources du Gange et celles de l’Indus, venant du même système de montagnes, traversent les mêmes parallèles de latitude, mais dans une longueur inégale, une direction opposée, avec des ramifications caractéristiques diversifiées, et par conséquent avec un développement fluvial très différent. Le Gange reçoit ses eaux des systèmes Himalaya et Vindhya, l’Indus uniquement du système Himalaya. Tous les deux sont des fleuves sous-tropicaux, tous deux voient leurs eaux croître à des époques déterminées. Le volume de leur décharge dans l’Océan nous marque leur grandeur relative, modifiée cependant par la différence de leurs pentes.

Sikliguly, au-dessus de Rajmahal, sur le Gange, et Tatta, sur l’Indus, sont deux points de comparaison convenables, étant situés l’un et l’autre à l’endroit où chacun des fleuves respectifs a reçu la totalité de ses affluens, et immédiatement avant la bifurcation de ces fleuves au delta. Si les deux bras les plus orientaux de l’Indus, le Fulaili et le Pinyari, n’étaient pas trop insignifians (malgré leur crue momentanée pendant la saison des grandes eaux), Hyderabad serait encore plus propre à servir de point de comparaison avec Rajmahal, tous les deux étant situés à la pointe du delta, comme le Caire sur le Nil. G. Prinsep, qui a étudié particulièrement le sujet qui nous occupe, établit que le Gange, près Sikliguli, décharge dans le mois d’avril 21,500 pieds cubes d’eau par seconde, que la largeur moyenne du fleuve y est de 1,500 mètres au moins, et sa profondeur, pendant la saison des basses eaux, de 3 pieds (d’après Ritter, 5 pieds de chenal au plus. Les mesurages à Bénarès (en avril) donnent des résultats semblables ; la largeur du Gange y est de 1,4.00 pieds seulement, sa profondeur, de plus de 34 ; il y passe donc de 19,000 à 20,000 pieds cubes d’eau par seconde.