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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/573

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grand peuple, doter le Sindh et le Pandjâb d’une vie nouvelle et d’un riche avenir.

Nous avons vu que les pays situés sur la rive occidentale de l’Indus, dans son cours moyen et à partir de Sanngar, sont désignés par le nom de Sindh ; mais le Sindh proprement dit commence au confluent de l’Indus et du Pandjnud, et a pour limites au nord le Pandjâb et le Kutch-Gondava, au sud la province de Kutch et l’océan, à l’est le Radjpoutana et le pays des Daoudpoutras (le Bahawalpour), à l’ouest enfin, le Beloutchistan. Sa forme est irrégulière, elle approche cependant de celle d’un triangle dont les embouchures de l’Indus (occupant une ligne de 130 milles environ de longueur) formeraient en partie le plus petit côté, et dont l’angle opposé aurait son sommet près de Mittun-Kote. L’aire de ce triangle peut être évaluée à environ 2,600 myriamètres carrés. Les quatre cinquièmes au moins de cette surface, si l’on en croit les témoignages les plus dignes de foi, sont propres à la culture ; on n’en cultive aujourd’hui qu’un peu plus des deux cinquièmes. Ce que produit cette exploitation imparfaite du sol suffit cependant et au-delà aux besoins de la population actuelle, qui paraît ne pas excéder un million d’ames, si même elle atteint ce chiffre. Dans le Delta comme au Bengale, le riz forme la nourriture principale des habitans ; plus haut, le blé, comme dans le cours moyen du Gange, remplace fréquemment le riz. L’aspect de ce pays est dénué d’intérêt. A l’est de l’Indus, à l’exception des collines de Bâkker et d’Hyderabad, on ne rencontre pas un seul accident de terrain, pas une pierre depuis le fleuve jusqu’aux monticules de sable du vaste désert qui sépare la province du Sindh de l’Hindoustan ; tout est plat et couvert de buissons. A l’ouest du fleuve, du parallèle de Mittun-Kote à celui de Sehwun (26° 30’ L. N. environ), on retrouve cette plaine monotone et infertile jusqu’au pied des monts Hala, qui bordent le Beloutchistan. De Sehwun à la mer, le pays est nu et hérissé de rochers. Le sol du Delta est riche, mais mal cultivé ; la surface en est sans cesse modifiée par les inondations périodiques du fleuve. Les points, en petit nombre, qui ne sont pas atteints par le débordement, y participent par des canaux artificiels de 4 pieds de large sur 3 pieds de profondeur qui suffisent aux besoins de l’irrigation. La crue des eaux commence en avril, atteint sa limite en juillet, décroît sous l’influence des vents du nord et disparaît en septembre ; les pluies, sont très rares [1]. Un huitième

  1. A Karatchi, d’après les renseignemens récemment recueillis, il n’aurait pas plu depuis trois ans.