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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/339

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Mais pour moi ce doux souvenir
Est du bonheur encore.
En fermant les yeux je revois
L’enclos plein de lumière,
La haie en fleur, le petit bois,
La ferme et la fermière !

Si Dieu, comme notre curé
Au prône le répète,
Paie un bienfait (même égaré !)
Ah ! qu’il songe à ma dette.
Qu’il prodigue au vallon les fleurs,
La joie à la chaumière,
Et garde des vents et des pleurs
La ferme et la fermière !

Chaque hiver qu’un groupe d’enfans
A son fuseau sourie,
Comme les anges aux fils blancs
De la vierge Marie ;
Que tous, par la main, pas à pas,
Guidant un petit frère,
Réjouissent de leurs ébats
La ferme et la fermière !

ENVOI


Ma chansonnette, prends ton vol !
Tu n’es qu’un faible hommage ;
Mais qu’en avril le rossignol
Chante et la dédommage.
Qu’effrayé par ses chants d’amour,
L’oiseau du cimetière,
Long-temps, long-temps se taise pour
La ferme et la fermière !

Jamais, à coup sûr, Moreau n’a été mieux inspiré que dans ce délicieux morceau, et il serait à désirer qu’il fût demeuré fidèle à un ordre de sentimens et d’idées qui lui fournit une si heureuse veine poétique.

Pour consacrer sa renommée d’une façon à jamais durable, il n’a manqué peut-être à Hégésippe Moreau que de donner une seconde épreuve de son talent, et d’imprimer à une nouvelle œuvre le sceau