Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/296

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Voici le temple offert à vos enlacemens ;
Ouvrez vos gueules infernales !

LES TELCHINES

Sous la terre pesante, allons, frères, tournons !
L’homme enfin va venger nos antiques affronts.

EROSTRATE


(Il sort de l’édifice, et, lorsqu’il est descendu, il s’appuie contre un arbre en face du temple.)


Mes deux mains ont agi : la chose est consommée.
Dans tout le monument la flamme renfermée
Mugit, roule, et bientôt, débordant vers les cieux,
Portera ses chaleurs jusqu’au palais des dieux.
Ah ! mon cœur se désenfle ! ah ! je vis, je respire
Comme un homme long-temps en proie au noir délire,
Et sur qui le repos vient s’asseoir un instant.
On dirait que soudain un large jet de sang
Soulage en s’écoulant le trop plein de ma veine.
Ah ! quel que soit mon sort, je n’ai plus l’ame en peine !
Comme Ajax, j’ai trouvé dans une autre Ilion
Le linceul glorieux qui doit couvrir mon nom.


AUGUSTE BARBIER.