Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/131

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


SILVIA




A MADAME ***


Il est donc vrai, vous vous plaignez aussi,
Vous dont l’œil noir, gai comme un jour de fête,
Du monde entier pourrait chasser l’ennui.
Combien donc pesait le souci
Qui vous a fait baisser la tête ?
C’est, j’imagine, un aussi lourd fardeau
Que le roitelet de la fable ;
Ce grand chagrin qui vous accable
Me fait souvenir du roseau ;
Je suis bien loin d’être le chêne.
Mais, dites-moi, vous qu’en un autre temps
(Quand nos aïeux vivaient en bons enfans)
J’aurais nommée Iris, ou Philis, ou Climène,
Vous qui, dans ce siècle bourgeois,
Osez encor me permettre parfois
De vous appeler ma marraine,
Est-ce bien vous qui m’écrivez ainsi,
Et songiez-vous qu’il faut qu’on vous réponde ?
Savez-vous que, dans votre ennui,