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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 8.djvu/598

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Rask, qui savait plus de zend que Grotefend et Saint-Martin, a-t-il beaucoup avancé la question en découvrant le M et l’N dont on faisait avant lui des voyelles ; par là les mots prirent plus de corps, et les désinences surtout s’accusèrent. Enfin, M. Burnouf, maître de la langue zende, initié aux lois de son organisme, au secret de ses désinences, a découvert une valeur nouvelle à douze caractères ; il a pu donner de deux inscriptions, une transcription et une traduction, qui ont pour elles dans l’ensemble un grand caractère de vraisemblance.

Il ne saurait y avoir de contestation que sur un très petit nombre de lettres. M. Lassen, qui s’occupait en même temps à Bonn des mêmes recherches, est arrivé, de son côté, à des résultats qui, différens sur quelques points, s’accordent cependant avec ceux de M. Burnouf pour le plus grand nombre des cas. Tout prouve qu’on est maître de cet alphabet mystérieux de Persépolis, et qu’on peut déjà rêver la lecture de ceux d’Assyrie et de Babylone.

En terminant cet article, j’apprends que M. E. Burnouf, sans attendre la fin du long commentaire qu’il compte toujours achever, s’est décidé à publier un dictionnaire zend dont il possède dès aujourd’hui tous les élémens. Quand il aura accompli cette grande tâche, M. Burnouf aura plus fait pour l’intelligence de la doctrine de Zoroastre, que tous les destours et mobeds du Guzurat et du Kirman.


JEAN-JACQUES AMPERE.