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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 8.djvu/497

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poésies sont encore disséminées dans différens recueils, mais tous les Irlandais les possèdent. J’ai choisi, pour essayer de les faire connaître, deux de ses pièces les plus goûtées en Islande. Qu’on me permette de les joindre à cet article. J’avouerai franchement que cette traduction ne rend pas l’expression nette et brillante de l’original ; mais l’auteur, qui parle et écrit facilement notre langue, m’a du moins envoyé un certificat en bonne forme constatant que je n’avais pas fait de contresens.

La première de ces pièces est un chant patriotique composé par M. Thorarensen lorsqu’il étudiait à l’université de Copenhague. La seconde est une élégie de mort.

Ma vieille et noble Islande, ô ma douce patrie,
Reine des monts glacés, tes fils te chériront,
Tant que la mer ceindra la grève et la prairie,
Tant que l’amour vivra dans une ame attendrie,
Tant qu’au soleil de mai nos champs reverdiront.

Du sein de Copenhague où pèse le nuage
Nous tournons nos regards vers le toit paternel.
Ne pourrons-nous bientôt revoir ton beau rivage ?
Ici nous ne trouvons qu’un froid et faux langage,
Ou le bruit importun, ou le rire cruel.

L’aspect de ce pays sans montagnes nous lasse.
Souvent cet air épais, ce ciel lourd nous fait mal.
Même niveau partout, et partout où je passe
Je cherche vainement ce large et grand espace
Qu’on découvre aux sommets de notre sol natal.

Mieux vaut s’en retourner, mieux vaut revoir encore
La contrée où le vent est plus froid, mais plus pur ;
Les champs couverts de neige éclairés par l’aurore,
Et les flots de cristal que le soleil colore,
Et les Ioekull brillans avec leur ciel d’azur.

Ma vieille et noble Islande, ô ma douce patrie,
Que le ciel te protège et te garde la paix !
Pour toi chacun de nous s’émeut, espère et prie.
Puisse le sort sourire à ta rive chérie,
Puisse un bonheur constant t’animer à jamais !


SIGRUN.


Un jour je te disais : Si tu meurs la première,
Reviens me visiter. Mas tu ne croyais pas