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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 6.djvu/89

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on trouverait assurément des morceaux dignes d’intérêt, fournis par des solitaires qui pensent naïvement que pour être utile il suffit d’avoir du mérite, et de se faire imprimer pour être lu.


II. Sciences naturelles.- L’étude de la nature, qui a toujours charmé les ames contemplatives, est de plus, aujourd’hui, un plaisir de bon ton. Des collections de sujets se forment de tous côtés, et les succès productifs encouragent la librairie. L’œuvre de cette année se compose de 91 ouvrages, ou plutôt de 1810 feuilles typographiques, sans y comprendre un nombre considérable de planches gravées.

Presque tous ces livres sont des monographies consacrées à une espèce, ou même à une famille. L’observation microscopique, l’analyse des molécules faisant chaque jour découvrir des variétés, on les accepte aussitôt pour types, et on les intercale dans les séries, sous des noms inintelligibles pour quiconque ne se nourrit pas journellement de racines grecques. Les savans eux-mêmes ont senti l’inconvénient de cette coutume, qui tend à jeter de la confusion dans les nomenclatures. Ne seraient-ils pas sur la voie d’une méthode nouvelle, ceux qui observent les phénomènes présidant au développement et à l’organisation de chaque espèce, pour arriver à une loi générale de formation, applicable à toute la série animale ? Tel parait être le but de la Philosophie de l’histoire naturelle, par M. Virey, du Précis d’anatomie comparée, par M. Hollard, et d’un Essai sur la Vitalité, encouragé par l’académie de médecine, sur le rapport de M. Andral. Il est à remarquer que tous ceux qui, au lieu d’isoler les phénomènes, les rapprochent pour les considérer dans leur succession harmonique, ne peuvent plus voir dans les évolutions de la matière que la volonté d’un agent immatériel. M. Virey le laisse deviner. M. Hollard le dit hautement : « Dieu n’est pas moins nécessaire à la science de la nature qu’à la nature elle-même. » L’auteur de l’Essai paraît amené à un aveu du même genre, par la force logique qui donne beaucoup de prix à son travail.

On trouve par la répartition de cette catégorie : — Généralités et notions élémentaires, 12 ouvrages. — Zoologie, 32, importans pour la plupart et recommandés par les noms de MM. Duméril, Valenciennes, Lesson, Milne-Edwards, de Férussac. L’histoire des insectes s’est enrichie d’un excellent livre d’études, l’Entomologie des environs de Paris, par MM. Boisduval et Lacordaire, ainsi que de deux belles iconographies : les Lépidoptères de MM. Godart et Duponchel, les Coléoptères de M. le comte Dejean. — Règne végétal, 20 : on distingue l’introduction à l’étude de la botanique, par M. de Candolle, et la Phytographie médicale, ou histoire des poisons tirés du règne végétal, par M. Joseph Roques. — Histoire naturelle inorganique, 19. La Géologie qui s’adresse à l’imagination, comme