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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 6.djvu/769

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point, certes, dans la Revue des Deux-Mondes qu’on aura besoin de justifier M. Loève-Veimars de pareilles calomnies. M. Loève-Veimars est allé à Saint-Pétersbourg recueillir les matériaux d’un ouvrage qu’il prépare, et que nos lecteurs seront mis à même d’apprécier par la publication successive qui en sera faite dans la Revue.


On sait que George Sand vient de gagner un procès grave et délicat. C’est à cette circonstance, capitale dans sa vie, que se rapportent quelques passages des Fragmens de Lettres insérés dans la livraison du 1er juin. Ces révélations toutes personnelles ne paraissaient pas destinées à une publicité si prompte ; détachées d’un corps de Mémoires tout-à-fait individuels, elles ne devaient voir le jour que beaucoup plus tard. Si l’auteur s’est décidé à lever dès à présent le voile de sa vie privée et intime, c’est que les attaques violentes dirigées contre lui ont été le frapper jusque dans cet asile. Poussé dans ses derniers retranchemens, le poète en use à sa manière ; il fait servir à sa défense les sentimens et les facultés que Dieu a mis en lui. Qui oserait l’en blâmer, surtout en présence des diatribes mensongères et niaises qu’on vient tout récemment de diriger contre lui

Si quelques écrivains, qui voyagent habituellement avec l’antichambre de l’aristocratie anglaise, croient bien mériter de leurs patrons, en prenant au sérieux les bavardages et les mystifications que les salons de Paris ne leur épargnent pas, il ne faut pas trop s’en étonner. Mais on ne saurait concevoir le motif qui a pu déterminer la Revue britannique à traduire et à répandre chez nous les diffamations ridicules de la presse tory. Est-il donc bien loyal et bien courageux d’aller ramasser à l’étranger des injures anonymes dont l’absurdité est par trop évidente pour des lecteurs français ?


La science vient de perdre un des hommes les plus éminens, qui est allé rejoindre brusquement dans la tombe les Cuvier, les Fourier. M. Ampère est mort vendredi 10 juin, à cinq heures du matin, à Marseille, où l’avaient appelé ses fonctions d’inspecteur-général. Illustre dans les sciences mathématiques et physiques, où il s’est montré inventeur ; éminent dans la philosophie et la métaphysique, qu’il aimait et cultivai à la manière de Leibnitz, il mérite un examen détaillé, que nous tâcherons de rendre digne de sa mémoire.