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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 6.djvu/389

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DES


POÈTES EPIQUES


I.

HOMÈRE



I.

C’était un des argumens familiers à l’antiquité pour démontrer l’existence du créateur en présence de son œuvre ; on disait : Quel est celui qui, voyant l’ordonnance d’un long poème héroïque, prétendrait que ce poème n’a point d’auteur ? L’antiquité pensait ainsi porter le défi au doute. Mais ce qu’elle croyait impossible est devenu le lieu commun de la critique moderne. Le XVIIIe siècle a accepté son défi ; il a trouvé sa chimère.

Entre les croyances du paganisme, il en était une surtout qui semblait indestructible. C’était la foi que l’on avait à ce vieillard aveugle qui s’appelait Homère, et qui payait son hôte avec ses chants. On avait bien pu renoncer à ses dieux ; mais le moyen de croire que cette voix qui vibrait encore aux oreilles du monde n’eût