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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 6.djvu/373

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force réelle et de consistance que le jour où des actes auront prouvé sa virilité et annoncé le but où il tend.


— Le maréchal Clausel est de retour en France, et il a déjà eu plusieurs conférences avec les ministres an sujet d’Alger. Une lettre d’Afrique, arrivée après le maréchal, et datée du 13 avril, nous annonce que, malgré l’engagement qui a eu lieu avec les Arabes, près de Médéah, où quelques compagnies françaises se sont laissé surprendre, les dispositions militaires et l’activité du maréchal Clausel font naître partout l’espoir d’un établissement non contesté. Les rapports du maréchal ont exercé une heureuse influence sur ceux qui ont conféré avec lui, et il parait que M. Passy lui-même a reconnu les avantages de cette possession, et modifié les vues qu’il avait à ce sujet.

Aujourd’hui, M. Passy est d’accord avec le reste du ministère pour garder Alger, et contribuer activement à sa prospérité ; mais, par un singulier revirement, les doctrinaires, qui cherchent un point d’opposition, se sont emparés des anciennes vues de M. Passy, et s’entendent pour pousser à l’évacuation de nos colonies d’Afrique. C’est du moins en ce sens que travaillent aujourd’hui, dans la chambre et dans les bureaux, MM. Jaubert, Duvergier et Piscatory, sans doute en vertu de l’aversion de M. Guizot pour la popularité, érigée en axiome dans l’école. Il est impossible de mieux faire en effet.


— Un nouvel ouvrage politique de M. Capefigue a paru sous ce titre Le Ministère de M. Thiers, les Chambres et l’Opposition de M. Guizot. M. Capefigue remonte d’abord aux causes philosophiques et politiques de la dissolution du ministère de M. Guizot. Ces causes, selon M. Capefigue, consistent en ce que M. Guizot et M. Thiers étaient complètement divisés sur la diplomatie, sur l’esprit et l’action du gouvernement, et en ce qu’ils n’appartenaient ni à la même école morale, ni à la même école religieuse, ni aux mêmes principes, ni aux mêmes souvenirs, ni à la même histoire. Selon M. Capefigue encore, M. Guizot représentait dans le ministère le centre droit, et M. Thiers représentait le centre gauche. M. Thiers a surtout en vue l’école de la révolution française ; son orateur de prédilection est Mirabeau ; il aime Napoléon parce qu’il le regarde comme un fils de la révolution et une puissance sortie du peuple, tandis que M. Guizot hait à la fois la révolution et Napoléon, et flétrit également les actes de ces deux époques. M. Guizot, dit encore M. Capefigue dans cette nouvelle production, qui est le développement de son dernier ouvrage politique ; M. Guizot ne prend pas la révolution française pour l’inflexible limite au-delà de laquelle il n’y a rien, il creuse au fond