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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 6.djvu/188

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Le prix du sucre fourni par le Brésil, vers 1650, et dont la quantité s’élevait de 60 à 75 millions de kilog., était fort élevé, et suivant le témoignage des anciens auteurs, roulait de 3 francs à 3 francs 50 cent. par kilog. La concurrence des Antilles amena une baisse graduelle. Les Anglais, vers 1728, se félicitent de ce que la prospérité de leurs colonies a réduit à 52 ou 53 shill. (80 à 82 cent. le kilog.) le prix du sucre qu’ils payaient auparavant aux Portugais 4 à 5 liv. sterl. le quintal (2 francs à 2 francs 50 cent. le kilo,.). Le coton, le piment, le gingembre, l’indigo et les bois de teinture avaient éprouvé une réduction semblable.

Cependant, vers 1736, le Brésil exportait encore 40 millions de kilog., et les colonies hollandaises de l’Amérique du sud, 20 à 25 millions de kilog. de sucre.

Dans les possessions françaises, Saint-Domingue, la seule île où la culture se fût développée, fournissait, dès 1726, 20 millions de kilog.

Cette quantité s’élevait à 62 millions ; tant brut que terré, en 1767 ; à 75 millions en 1776 ; et à près de 82 millions en 1790, année de la révolution.

Vers 1775, la Martinique, la Guadeloupe et Cayenne exportaient ensemble environ 22 millions de kilog. de sucre.

La culture entreprise par les Anglais à la Barbade, vers 1641, et poussée par eux, à la Jamaïque, avec beaucoup de vigueur, immédiatement après la conquête de cette dernière île, avait, comme dans toutes les autres colonies, à l’imitation des planteurs portugais, nécessité l’introduction des esclaves d’Afrique. Les résultats furent rapides et donnèrent une grande impulsion au commerce britannique.

L’importance croissante des produits coloniaux détermina, en 1685, première année du règne de Jacques II, le parlement à établir une taxe spéciale sur le sucre et sur le tabac, qui n’avaient jusque-là acquitté que l’impôt général (poundage) de 5 pour 100 sur la valeur. Cet impôt fixe, mis sur deux substances d’un usage si récent, est devenu une des principales ressources de l’empire britannique, et nous verrons qu’il fournit aujourd’hui au trésor près de 200 millions de francs.

La quantité de sucre importé dans la Grande-Bretagne pour la consommation et le raffinage, vers 1731, était d’environ 7 à 800 mille quintaux. Elle s’est graduellement élevée à 12 ou 1500 mille quintaux, vers 1780. Le total de ces cinquante années a été de 2,567,448 tonneaux de 1,000 kilog., donnant en moyenne, par année, 40 millions 125 mille kil., de 1731 à 1760 ; et 68 millions 183 mille kilog., de 1761 à 1780.

En suivant, à une époque encore plus rapprochée, la production du sucre dans les colonies anglaises, on trouve qu’elles ont importé annuellement dans la Grande-Bretagne

79 millions 533 mille kilog. en moyenne, de 1773 à 1782 ;