Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 5.djvu/513

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




ABRÉGÉ DE L’HISTOIRE DE LA MÉDECINE, Considérée comme science et comme art, dans ses progrès et son exercice, depuis son origine jusqu’au XIXe siècle, par L. F. GASTÉ.


Il fallait l’érudition et la patience germanique des Sprengel, père et fils, pour entreprendre et terminer leur Histoire de la Médecine. Cet immense recueil des erreurs et des découvertes de trente ou quarante siècles a été traduit en notre langue par M. Jourdan. Il se compose de neuf volumes, que bien peu d’élèves et même bien peu de praticiens ont entièrement parcourus. Et cependant, s’il est une science dont l’histoire soit importante à connaître pour ceux qui osent la pratiquer, c’est la médecine. Hippocrate, comme on sait, commence ses aphorismes par celui-ci : « La vie est courte, l’art long à acquérir, l’occasion glissante, la pratique dangereuse, le jugement difficile. » Que devraient donc faire tous les médecins ? Ajouter sans cesse à ce qu’ils peuvent avoir appris dans les écoles et avoir observé par eux-mêmes les réflexions et les observations de leurs prédécesseurs. C’est le seul moyen d’allonger cette vie dont la brièveté effrayait Hippocrate, quand il considérait l’immense difficulté d’un tel art. Sans doute il est pour le médecin des qualités essentielles et toutes spéciales, que rien ne peut suppléer ; nous ne voulons pas dire que l’érudition puisse suffire à le former : mais l’érudition devrait être la nourriture habituelle de son génie, son inspiratrice, son appui et son guide. Malheureusement pour nous, jamais peut-être, à aucune époque, les médecins n’ont été aussi peu soucieux d’érudition que de notre temps ; aussi que de vieux systèmes on leur a donnés pour du neuf ! Ils ne se doutent pas même que leur profonde ignorance de l’histoire de la médecine est tout aussi ridicule que la pédanterie savante des médecins tant ridiculisés par Molière. Remercions donc M. le docteur Gasté d’avoir songé à abréger l’ouvrage des Sprengel ; son travail pourra donner aux jeunes médecins le goût d’une instruction plus étendue et plus complète.

L’ouvrage de M. Gasté est divisé en six parties.

La première comprend les recherches historiques sur la médecine des plus anciens peuples et sur les doctrines médicales des Grecs et des Romains. Les principes d’Hippocrate y sont exposés avec quelque étendue, ainsi que les principales théories dogmatiques qui lui succédèrent.

La deuxième partie embrasse l’histoire de la médecine depuis Asclépiade de Bithynie jusqu’à l’école de Salerne. C’est l’époque du moyen-âge, des écoles arabes, de la scolastique, de l’astrologie, et de l’exercice de la médecine par les moines.

La troisième partie contient l’histoire de la médecine du XVIe siècle. On y fait remarquer la tendance au rétablissement des écoles hippocratiques, l’influence de la révolte de Ramus contre la scolastique, l’éclat de la théorie mystique de Paracelse, et en même temps les découvertes anatomiques si importantes qui précédèrent et suivirent celle de la circulation par Harvey, au commencement du XVIIe siècle.

La quatrième partie est consacrée à l’exposition des doctrines chimiques et iatromathématiques du XVIIe siècle, et à celle des écoles dynamiques du siècle suivant. Le système d’Hoffmann et celui de l’irritabilité