Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 5.djvu/425

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



PHILOSOPHIE.

DU BONHEUR.[1]

Connais-toi toi-même.
Socrate.


§ I. — Le bonheur absolu n’existe pas.


Depuis Job jusqu’aux poètes de notre temps, que d’avis solennels sur la tristesse de la condition de l’homme ! Salomon, après avoir éprouvé toutes les félicités, conclut que tout est vanité et mensonge : Risum reputavi errorem, et gaudio dixi : Quid frustra deciperis ? Pindare appelle la vie de l’homme le rêve d’une ombre ; et Shakspeare a dit : Le bonheur, c’est de n’être pas né.

  1. Ce morceau philosophique a été écrit par M. Pierre Leroux pour la nouvelle Encyclopédie que lui et M. Jean Reynaud dirigent avec une pensée si élevée. Les développemens qu’a pris le travail de M. Leroux font de cette belle dissertation un ensemble complet et systématique. Nous sommes heureux de l’offrir dès aujourd’hui à nos lecteurs dans toute son étendue. Nous profitons de cette circonstance pour annoncer que l’Encyclopédie, en vue de laquelle il a été conçu, et qu’un article de M. Lerminier a déjà fait connaître dans cette Revue, va recevoir une publicité plus régulière et plus rapide. Elle paraîtra désormais, sous le nom d’Encyclopédie nouvelle, à la librairie de M. Charles Gosselin. (N. du D.)