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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/9

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DE


LA CRITIQUE


FRANÇAISE


EN 1835.




Jamais plaideurs n’ont maudit leurs juges comme les poètes d’aujourd’hui maudissent leurs critiques. Recueillez les voix parmi les inventeurs, et vous n’aurez qu’un avis unanime : tous les critiques sont envieux et impuissans. S’ils font métier de blâmer, c’est qu’ils sont inhabiles à produire. Le reproche est vert et pourrait bien chagriner quelques vanités ; mais pour qu’il fût sans réplique, il faudrait prouver d’abord que tous les livres d’aujourd’hui sont des chefs-d’œuvre. Autrement il sera toujours loisible aux hommes de bon sens de s’applaudir dans leur stérilité ; pour ma part, je l’avoue, je ne rencontre jamais un ami sans le féliciter d’un mauvais livre qu’il n’a pas fait.