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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/719

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.


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14 mars 1835.


Il y a quinze jours, nous terminions en ces termes, notre chronique : « La crise du ministère finira par M. de Rigny de moins et M. Broglie de plus. » Nous avions deviné l’issue de cette intrigue. Mais que d’épisodes il a fallu traverser pour arriver là ! L’histoire en est longue, et remonte un peu haut.

Les ordonnances qui organisent de nouveau l’administration ont paru, il est vrai. Le Moniteur assure, dans sa partie officielle, que M. de Broglie est président du conseil, et ministre des affaires étrangères. Ostensiblement, la partie doctrinaire du cabinet vient de s’emparer de la direction politique et de se constituer en majorité sur le banc des ministres. Les rangs semblent déplacés. En effet, M. Thiers, qui exerçait une sorte de domination depuis la restauration ministérielle de novembre, n’occupe plus qu’une position secondaire dans cette joyeuse parodie du fameux 15 mars ; mais les mêmes causes de dissolution fermentent dans toutes ces âmes aigries par leurs animosités natives et leurs trahisons mal déguisées ; la rivalité de M. Thiers et de M. Guizot est loin d’être apaisée par ce revirement subit qui fait monter l’un à la place d’où l’autre descend ; les armes sont déposées, sans doute, mais à la portée de la main de chacun, et bientôt nous verrons se rallumer une guerre qui gronde