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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/697

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de Lamennais sur le terrain où il s’est placé. Il n’est pas jusqu’au pape dont elle n’improuve la conduite. Ecoutons M. Bartels, l’un des plus fervens rédacteurs du Catholique des Pays-Bas, formuler ce principe dans son livre remarquable sur les Flandres et la révolution belge.

« Une discussion approfondie sur l’encyclique exigerait un traité spécial : je me contenterai ici, n’envisageant que sous le point de vue politique cet inconcevable manifeste du souverain pontife contre la liberté de l’église même, d’examiner s’il a le moins du monde influé sur la conduite des catholiques belges comme citoyens. Pour ne chercher nos exemples que dans l’assemblée représentative, semble-t-il que MM. Dumortier et Doignon en soient moins opposés à la diplomatie étrangère, MM. de Smet et Liedts aux inconstitutionalités du pouvoir ? Et si MM. Charles Vilain XIV et de Muelenaere professent ou approuvent l’arbitraire large et très large, ce n’est pas l’encyclique apparemment qui a modifié leur conviction ; car nous ne pensons pas que cette malencontreuse conception eût déjà vu la lumière, lorsque le premier vota l’abandon aux Hollandais de la province qui l’avait élu, ou lorsque le second adhéra au message du 11 décembre 1829….. »

Dans un seul paragraphe, voici donc deux des plus influons catholiques aristocrates, et le pape en personne, attaqués par un catholique non moins croyant qu’eux-mêmes, mais qui obéit à une idée politique diamétralement contraire, et l’encyclique, qui condamne les principes de la démocratie, taxée d’inconcevable manifeste et de malencontreuse conception. Et plus loin, M. Bartels ajoute :

« M. Charles Vilain XIV est nommé gouverneur de Gand la veille du quatrième anniversaire d’une révolution accomplie au cri de justice et de liberté ! Ce fait isolé caractérise toute une situation. — Ainsi, nous n’avons que déplacé, nous n’avons pas écrasé le despotisme. Patience !...»

Ces lignes donneront une idée de l’effervescence du parti catholique de l’opposition, qu’on peut nommer sans crainte parti catholique démocrate, quoique tous ses membres n’admettent pas la doctrine laméniste jusqu’au principe républicain inclusivement. Ce parti d’opposition religieuse n’a de représentans parlementaires