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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/422

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LES CIMETIERES


DE MADRID.




I.
LE CAMPO SANTO DE LA PORTE DE TOLEDE.




J’étais sorti de Madrid par une belle matinée du mois d’avril 1831. Je traversai le pont de Tolède, et, continuant ma promenade en montant à gauche un étroit sentier, j’arrivai à la porte d’un cimetière. Elle était ouverte ; j’entrai.

Je n’avais pas encore vu de cimetière en Espagne. Celui de la porte de Tolède est de construction moderne, comme tous ceux de Madrid, car il n’y a pas plus de trente ans qu’on a cessé d’enterrer dans les églises de cette capitale.

Ce cimetière n’est pas, ainsi que ceux de Paris, un jardin coquet, joyeusement coupé de berceaux et de charmilles, où serpentent des allées de sable jaune bordées de fleurs et de tombeaux ; c’est un champ stérile et sans ombrage ; c’est une vaste enceinte carrée, ayant une chapelle à l’entrée, une haute croix de pierre au milieu, et tout à l’entour des galeries ouvertes, protégées