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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/418

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sur ce rocher ; l’air te ranimera, et nous attendrons là qu’une mort cruelle ait séparé les quatre fils d’Aymon. (Les quatre fils d’Aymon sur le rocher)

ALARD.

Les voilà qui reviennent à l’assaut. Hélas ! Renaud, je crains bien qu’il ne faille nous rendre. J’ai une blessure cruelle, et Richard va mourir. Vous n’êtes plus que deux capables de résister, moi je sens mes jambes qui fléchissent.

RENAUD.

Ai-je bien entendu, mon jeune frère Alard ! Veux-tu qu’on te croie un bâtard ? car tu n’es pas mon frère légitime, si tu as peur, Alard !

RICHARD, se soulevant sur ses genoux.

N’est-ce pas de nous rendre que parle Alard ! Oui, si vous voulez être pendus demain ! Renaud, mon frère, prenez dans ma poche ce mouchoir, faites-m’en une ceinture, que mes entrailles ne pendent pas ainsi, et j’irai encore au combat jusqu’à la fin. Pendant qu’il y aura un reste de vie dans ces membres, ils ne vous manqueront pas.

RENAUD.

Oh ! bénie soit l’heure où vous êtes né, Richard ! — Entends-tu, Alard ? Celui-ci est fort encore.

ALARD.

Le combat donc, le combat ! moi aussi je le veux.

Le combat recommence en effet, et les quatre fils d’Aymon vont succomber lorsqu’ils sont secourus par Mogis, qui arrive avec une armée. Ils retournent en Montauban, et le roi Yon, craignant leur colère, se sauve déguisé en moine. Mais il est pris par les troupes de Charlemagne, qui veulent le punir de ce qu’il n’a point réussi à livrer les quatre frères, comme il l’avait promis. Renaud, en apprenant cette nouvelle, oublie, avec une générosité toute chevaleresque, les sujets de plainte qu’il a contre son beau-frère ; il marche contre les troupes du roi et délivre Yon. Son frère Richard est pris dans la mêlée.

Quand le sixième acte commence, Richard va être pendu à Montfaucon par Ripus, le seul des seigneurs qui ait voulu accepter une pareille mission ; mais Renaud accourt avec une troupe nombreuse, et pend Ripus à sa place. Richard prend alors les vêtemens de Ripus, et se présente à Charlemagne. — Approchez, Ripus, s’écrie l’empereur, en l’apercevant ; vous avez fait une chose qui me plaît, et comme je suis roi de France, je vous en récompenserai. Approchez, que je vous embrasse.

RICHARD.

N’approchez pas trop, car je ne veux point agir en traître, (Il arrache son