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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/324

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Si le blocus qu’avait déclaré l’Angleterre dépassait les limites habituelles d’une pareille mesure, le décret de Napoléon secouait tous les principes ; il y avait tant soit peu de ridicule à déclarer en état de blocus la Grande-Bretagne, quand on avait à peine quelques vaisseaux en mer, quelques navires en campagne. On entrait dans une voie de violences qui ne permettait plus aux idées modérées de se faire entendre. L’Angleterre, un moment effrayée du décret de Berlin, suspendit toute mesure jusqu’au 14 novembre 1807, où le supplément de la Gazette de Londres inséra la proclamation suivante : « Au palais de la reine, le 11 novembre 1807. S. M., ayant pris l’avis de son conseil privé, ordonne, par ces présentes, que tous les ports et toutes les places de France et de ses alliés, ceux de tout autre pays en guerre avec S. M., ceux des pays d’Europe d’où le pavillon anglais est exclus, quoique ces pays ne soient pas en guerre avec S. M., qu’enfin, tous les ports et places des colonies appartenant aux ennemis de S. M. seront désormais soumis aux mêmes restrictions, relativement au commerce et à la navigation, que s’ils étaient actuellement bloqués de la manière la plus rigoureuse par les forces navales de S. M. ; en conséquence, tout commerce dans les articles provenant du sol ou des manufactures des pays sus-mentionnés sera désormais regardé comme illégal, et tout navire quelconque, sortant de ces pays ou devant s’y rendre, sera capture légitimement, et cette prise, ainsi que sa cargaison, adjugée au capteur. »

Indépendamment de cette mesure, qui répondait mot pour mot au décret de l’empereur, des ordres nouveaux du cabinet anglais déclaraient : 1° que tout navire qui aurait à bord des certificats d’origine imposés par le gouvernement français, serait confisqué comme de bonne prise ; 2° qu’aucun produit des manufactures de France ne pourrait s’importer sur navire neutre ; 3° qu’aucun transfert de navire ne pourrait être fait par l’ennemi à un neutre, et que l’existence de ce transfert autoriserait la capture. Enfin, l’Angleterre soumit les neutres non-seulement à la visite, mais encore à une licence délivrée par son gouvernement au prix de seize guinées. Le texte de ces licences était ainsi conçu : « George III, etc., à tous les commandans de nos vaisseaux de guerre et corsaires, et à tons autres que les présentes pourraient regarder, salut. Comme il nous a été représenté en faveur de….. qu’ils désirent obtenir notre licence royale pour sauf-conduit du bâtiment américain….., destiné pour un voyage de… aux États-Unis d’Amérique, avec une cargaison provenait de manufactures anglaises, ou de toutes marchandises dont l’exportation est permise ; daignant prendre cette demande en considération, nous voulons bien accorder notre licence royale pour cet objet ; et nous défendons aux