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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/309

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de regrets déchirans, de critiques amères, de recommandations religieuses. Le rhythme marche comme la pensée, sans apprêt, sans brusquerie, sans saccade, sans recherche ; avec une variété qui naît de la variété du sentiment. De tels écrivains défient la traduction. Essayez donc de traduire les vers suivans :

There in souls a sympathy with sounds
And as the mind is pitch’d, the car is pleas’d
With melting ; airs or martial, brisk or grave.
Som chord in unison with what we hear
Is touch’d within us, and the heart replies.
How soft the music of those village bells
Falling at intervals upon the ear
In cadence sweet, now dying all away
Now pealing loud again, and louder still
Clear and sonorous, as the gate comes on !
With easy force it opens ail the cells
Where mem’ry slept — Wherever I have heard
A kindred melody, the scene recurs
And, with it, all its pleasures and its pains.
Such comprehensive views the spirit takes
That in a few short moments I retrace
As in a map the voyage of his course
The windings of my way through mauy years.

Nulle prose ne rendra ce rhythme allié à la pensée et à l’image : ces vers, les seuls qui aient fait renaître la magie des sons ; cette cadence molle, tour à tour retentissante et faible, qui exprime si bien les vibrations des cloches dans les champs ! Une traduction littérale sera toujours une vraie profanation :

« Il y a dans les âmes une sympathie avec les sons. Accens tendres ou guerriers, mélodies graves ou hardies plaisent à l’oreille, suivant la prédisposition de l’âme. Une corde vibre au-dedans de nous-mêmes, à l’unisson de la musique que nous entendons ; et l’écho de notre âme y répond. Qu’elle me charme, cette harmonie des cloches du village, frappant l’oreille par intervalles, faible et douce d’abord, puis s’affaiblissant et mourant dans le vague de l’air, puis vibrant avec force, avec plus de force encore, et grondant comme le tonnerre, quand le vent l’emporte vers nous ! La