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Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/503

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LE SOUPER

CHEZ

LE COMMANDEUR.

L’intérieur du sépulcre. Le commandeur el don Juan assis à table. DON JUAN.

Sais-tu, commandeur, que je suis presque honteux ? Eh quoi ! tu m’invites à venir souper sans façon , et voilà que lu me traites avec tant de luxe et d’appareil ! C’est bien mal de ne pas m’avoir averti ; car si j’eusse un peu moins compté sur ta parole, au lieu de m’habiller de noir, comme c’est d’usage lorsqu’on visite les morts, au lieu de chevaucher tout seul el sans escorte à travers l’obscurité de la nuit, comme un écolier qui va rejoindre son université, je me serais vêtu de soie et de velours, et j’aurais fait atteler six mules à mon carrosse. Mais, une autre fois. Excellence, vous me préviendrez plus tôt, je l’espère, afin que j’aie au moins le lomps de faire préparer mes équipages et sabler le chemin qui conduit de TOME II. — 1’"'^ JUIN 1854. 53