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Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/480

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qu’étranters, un appel auquel ceux de France, d’Allemagne et même d’Amérique ont répondu. Plusieurs ouvrages géographiques figurent dans cette collection, qui parait sous les formats in-quarto et in-octavo, tels que les voyages du célèbre Mohhammed-Ebn-Bathouthah, traduits par le docteur Samuel Lee ; ceux de Macaire, par le docteur Belfour ; l’Aperçu général des royaumes (Corée, Lieou-Khieou et Yeso), par M. Klaproth, etc.

Nous arrivons maintenant aux sociétés de Missions, pépinières de voyageurs intrépides que leur zèle apostolique conduit dans toutes les parties du globe, et dont les travaux ont d’autant plus de prix, qu’ils ne sont pas exécutés à la hâte dans des visites passagères, mais sont le fruit de longs séjours et d’études faites à loisir.

Entre toutes les sociétés qui, sous des noms divers, se sont vouées à la prédication lointaine de l’Evangile, celle des Missions-Etrangères, dont le siège est à Paris, tient un rang honorable. Il n’est personne qui n’ait lu le recueil des Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions-étrangères. Aux jésuites qui les écrivaient ont succédé, depuis la suppression de cet ordre, les missionnaires de la congrégation des Lazaristes ; et la collection des Lettres édifiantes est continuée par celle des Annales de l’association pour la propagation de la foi, qui paraissent chaque trimestre, à Lyon, par cahiers, formant deux forts volumes en trois années : le sixième a commencé avec l’année 1833. Au milieu des matières religieuses qui forment l’objet spécial de ce recueil, il se trouve souvent des indications que la géographie a intérêt à recueillir, surtout dans les travaux des missions du Sse-Tchouen, du Tong-King, de la Cochinchine et de Siam. C’est à l’un des missionnaires français en Chine, M. Lamiot, que nous devons la traduction, dans notre langue, d’une description du Si-Yu ou des pays à l’ouest de la Chine, insérée dans le Bulletin mensuel de la Société de géographie de Paris, et précédemment citée par extrait dans les Transactions de la Société asiatique de Londres, ainsi qu’un résumé complet de la grande géographie officielle de la Chine, dont la Société de Paris a également publié un fragment. La mission catholique du rit grec que la Russie entretient à Péking a payé aussi son tribut à la science : l’archimandrite Hyacinthe Bitchourinsky, qui en est le chef, a donné, en langue russe, plusieurs traductions du chinois, qui ont ensuite passé dans la plupart des langues de l’Europe : telles sont une description du Tibet, revue par M. Klaproth ; une autre de la Mongolie, et enfin une dernière du Turkestan-Oriental et de la Dzongarie.

Les missions protestantes sont beaucoup plus fécondes en publications ; et, sous ce rapport, l’Angleterre est à la tête du grand mouvement