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Bocage s’est principalement appliqué à tracer l’histoire de la géographie chez les différens peuples depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, en passant en revue les monumens qu’ils en ont laissés. Il a exposé ensuite quelles idées l’illustre Cuvier s’était faites des besoins du haut enseignement géographique, auquel il voulait qu’on pourvût par la création de plusieurs chaires au Muséum, au Collège de France, à la Bibliothèque du roi, indépendamment de celle qui existe à la Sorbonne, de manière que toutes les branches de la géographie eussent un professeur distinct. Peut-être un jour la France sera-t-elle dotée de tous ces cours ; en ce moment, celui de la Sorbonne est le seul qui soit ouvert aux personnes avides d’instruction géographique, et quelque soin que mette le professeur à varier la matière de son enseignement annuel, il est obligé de sacrifier quelques parties de la science étendue qu’il est chargé d’enseigner.

Les sociétés asiatiques de Paris, Londres et Calcutta rendent aussi à la géographie des services éminens, bien que restreints au sol de l’Asie et aux écrits des Orientaux sur les autres parties du monde ; celle de Paris publie ses mémoires sous le titre de Journal Asiatique : une première série de onze volumes a été close à la fin de 1827, et une nouvelle, composée de cahiers mensuels, a commencé avec l’année 1828. Il s’y trouve d’importans documens géographiques dus pour la plupart à M. Klaproth, qui a fait de la Haute-Asie une étude si profonde, et dont les Mémoires relatifs à l’Asie, qu’il publie à part, peuvent être considérés comme le complément des précédens. Tels étaient aussi les Mélanges asiatiques d’Abel Rémusat, si malheureusement interrompus par sa mort prématurée. La société asiatique de Londres, fondée en 1833 sur le modèle de celle de Paris, a aussi ses publications, intitulées Transactions de la société royale asiatique de la Grande-Bretagne et d’Irlande : les deux premiers volumes et une partie du troisième ont seuls paru jusqu’à ce jour. Les documens qu’ils contiennent sur la géographie de l’Asie orientale sont précieux, mais en petit nombre.

Quant à la Société asiatique de Calcutta, instituée dans le but spécial de se livrer à des recherches sur l’antiquité, l’histoire, les arts, les sciences et la littérature de l’Asie, les services qu’elle rend chaque jour l’ont faite un des corps savans les plus célèbres, et les Asiatic Researches sont le recueil le plus précieux que l’on possède sur ces vastes contrées. Dix-sept volumes, dont les deux premiers ont été traduits en français, par les soins de Langlès, ont paru jusqu’à ce jour.

Il s’est formé, depuis 1828, à Londres, comme auxiliaire de la Société royale asiatique, un Comité de traductions orientales (Oriental translations cmmittee), qui a fait aux orientalistes, tant nationaux