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riches en matériaux pour la géographie générale, ainsi que le sixième, dû en entier au colonel Puissant, et formant la première partie d’un grand travail qui a pour titre : Nouvelle description géométrique de la France, ou Précis des opérations et des résultats numériques qui servent de fondemens à la nouvelle carie du royaume ; admirable travail qui offre une masse de plus de quarante mille positions déterminées par leurs trois coordonnées de latitude, longitude et altitude.

Alger, la Grèce, l’Asie-Mineure, ont été le théâtre des plus récentes explorations militaires. Le dépôt de la guerre a donné, comme un simple aperçu, une esquisse de l’état d’Alger, dont on doit à M. Rozet, capitaine d’état-major attaché à l’armée d’Afrique en qualité d’ingénieur-géographe, une description plus étendue. M. le chef d’escadron Filhon a dressé une carte détaillée des parties visitées par nos officiers, et M. le colonel Lapie vient de rédiger une carte générale de toute la régence, au moyen des informations recueillies depuis l’occupation française, M. Bory .Saint-Vincent dirige la publication d’une exploration scientifique de la Morée, dont la partie géographique est l’œuvre des ingénieurs-géographes Peytier, Puillon-Boblaye et Serviez. Quant à l’Asie-Mineure, M. Callier y poursuit les reconnaissances qu’il avait commencées de concert avec M. Stamaty, si prématurément enlevé aux sciences géographiques.

Le Dépôt de la marine n’a point de mémorial pour recueillir et conserver l’histoire de ses travaux. Trop long-temps il s’est borné à publier exclusivement des cartes et des instructions nautiques ; puis il a admis quelques légendes explicatives sur les premières : et enfin il semble s’être décidé à les accompagner, désormais, de mémoires sur les bases de leur construction. Les Annales maritimes et coloniales, qui paraissent sous le patronage du département de la marine, les Additions à la Connaissance des temps, et quelques publications séparées, offrent une série assez riche de mémoires nautiques propres à faire connaître, bien qu’imparfaitement, les travaux de l’hydrographie française, la plus consciencieuse de toutes. Il suffirait, pour en fournir la preuve, de citer le relèvement des côtes de France entrepris et poursuivi sans relâche par le corps presque tout entier des ingénieurs-hydrographes de la marine, sous la direction de M. Beautemps-Beaupré ; le mémoire spécial qui offre le compte analytique de ses opérations, celui dans lequel M. Daussy a exposé les résultats des triangulations géodésiques qu’il a effectuées, et le tableau général des sondes d’attérages rédigé par M. Le Saulnier de Vauhello, présentent dans leur ensemble l’histoire de cet excellent travail.

Outre ces mémoires spéciaux, on doit à la marine les relations des grands voyages de circumnavigation entrepris dans un but scientifique.