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Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/358

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« Au printemps, lorsque tout se ranime, il sort de l’herbe un bruit qui s’élève comme un long murmure.

« Ce bruit, formé de tant de bruits qu’on ne les pourrait compter, est la voix d’un nombre innombrable de pauvres petites créatures imperceptibles.

« Seule, aucune d’elles ne serait entendue : toutes ensemble elles se font entendre.

« Vous êtes aussi cachés sous l’herbe, pourquoi n’en sort-il aucune voix ?

« Quand on veut passer une rivière rapide, on se forme en une longue file sur deux rangs, et rapprochés de la sorte, ceux qui n’auraient pu, isolés des autres, résister à la force des eaux, la surmontent sans peine.

« Faites ainsi, et vous romprez le cours de l’iniquité qui vous emporte, lorsque vous êtes seuls, et vous jette brisés sur la rive.

« Que vos résolutions soient lentes, mais fermes. Ne vous laissez aller ni à un premier, ni à un second mouvement.

« Mais si l’on a commis contre vous quelque injustice, commencez par bannir tout sentiment de haine de votre cœur, et puis, levant les mains et les yeux en haut, dites à votre Père qui est dans les cieux :

« Père ! vous êtes le protecteur de l’innocent et de l’opprimé, car c’est votre amour qui a créé le monde, et c’est votre justice qui le gouverne.

« Vous voulez qu’elle règne sur la terre, et le méchant y oppose sa volonté mauvaise.

« C’est pourquoi nous avons résolu de combattre le méchant.

« Père ! donnez le conseil à notre esprit et la force à nos bras.

« Quand vous aurez ainsi prié du fond de votre âme, combattez et ne craignez rien.

« Si d’abord la victoire paraît s’éloigner de vous, ce n’est qu’une épreuve, elle reviendra : car votre sang sera comme le sang d’Abel égorgé par Caïn, et votre mort comme celle des martyrs. »

Au chapitre VIII, je recommande la parabole de l’homme qui trouve moyen d’augmenter successivement le travail du peuple tout