Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/214

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


raisonnement politique. Qui est-ce qui en doute après avoir lu les pensées que je viens de citer ? Si M. Hugo, en publiant ce dernier livre, a cédé aux conseils de ses amis, il doit se repentir dès à présent de sa docilité. Il se dit tous les soirs dans les salons de Paris mille choses plus sérieuses et plus dignes de souvenir que les pages dont je viens de parler. Après avoir écouté seconde par seconde les pulsations de sa pensée, après avoir porté si haut l’adoration et le culte de soi-même, il ne reste plus qu’une chose à faire : c’est de prendre à toutes les heures de la journée la silhouette de son ombre.

Espérons que les poésies politiques de M. Hugo donneront un démenti public à ces deux derniers volumes. Espérons qu’il trouvera, pour traduire les impressions politiques qu’il a éprouvées depuis quatre ans, des vers qui ne soient pas seulement magnifiques par la forme, mais qui le soient aussi par la pensée, et souhaitons-lui de ne pas bluter à l’avenir ses pages oubliées pour en composer un recueil pareil à celui-ci.


GUSTAVE PLANCHE.