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Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/9

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AHASVÉRUS.


Les fragmens qui vont suivre, pour être compris, exigent quelques observations dont je voudrais à tout prix me dispenser, et qui du moins en un autre endroit me tiendront lieu de préface. À peine commencées, j’ai hâte d’en finir ; car, s’il est quelque chose d’insupportable, c’est de ruminer à vide une seconde fois une œuvre que l’on a crue d’inspiration ; et la seule façon de s’y résoudre, est de faire soi-même sa critique, comme s’il s’agissait de la conception d’autrui.

L’ouvrage auquel ces fragmens appartiennent est le résumé de dix ans de vie : poursuivi à travers maints voyages et maintes peines, tant d’esprit que de corps, je peux presque dire que chaque partie a été écrite en présence de son objet, à pied, à cheval, en gondole, sur mer, souvent à l’auberge, dans les cathédrales d’Allemagne, dans les basiliques de Rome, dans les villas de Naples, dans les spitia de Morée. Avec tout cela, à présent que je l’examine froidement, je ne lui trouve nulle chance de succès, et je me rends cette justice, que je n’ai rien fait pour qu’il en eût aucune : son moindre vice est de n’avoir rien de ce qui peut plaire à son