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Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/736

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avec une étonnante précision. Une admirable salle de bain de l’Orient, une cuve remplie de baigneuses, des danses d’une mollesse et d’une suavité sans égales, des costumes d’un luxe inouï, justifient l’engouement du public pour le ballet nouveau. On parle aussi beaucoup de la magnificence avec laquelle est monté l’opéra de Don Juan qu’on répète à l’Opéra.

Nous avons sous les yeux dix, vingt, peut-être trente jolis livres, dorés, satinés, couverts de maroquin, de cuir de Russie et de soie, publiés par le libraire Janet, pour être donnés en étrennes[1]. On ne peut rien voir de plus riche et de plus beau. Un de ces livres, le Diamant, renferme seize admirables gravures anglaises, et autant de mauvais morceaux de poésie. Mais les gravures sont de celles qu’on paierait au poids de l’or ; et on achèterait le livre, ne fût-ce que pour posséder le délicieux portrait d’une jeune fille, couverte d’un chapeau de velours noir, et attachant un fil à la patte d’une tourterelle. Ce beau portrait de Faulkner est au-dessus de tout éloge. Le Landscape français, autre livre de ce genre, publié par M. Janet, contient des gravures françaises, il est vrai ; mais on y trouve des morceaux de Nodier, de Lamartine, de Sainte-Beuve, et un beau fragment de M. Alexis Dumesnil. Les gravures représentent des vues de Honfleur, de Mende, d’Abbeville, de Tours. M. Janet a publié aussi les Annales romantiques de 1834, dont Westall, Richter et Collin ont fait les vignettes ; le Livre de beauté, composé de notices et de portraits qui décrivent et représentent les femmes célèbres. Nous ne citerons pas toutes les autres publications de M. Janet ; elles touchent presque toutes à la perfection par le fini de l’impression, de la reliure et des planches. Nous recommanderons seulement, d’une manière spéciale, celle intitulée Auvergne et Provence, album pittoresque orné de superbes gravures anglaises. Quant au texte, il est de si peu d’importance dans ces sortes de livres, qu’on nous permettra de n’en pas parler. Il nous suffira de dire que nos notabilités littéraires y ont toutes contribué.

Une magnifique carte d’Europe a été publiée par M. Engelmann[2]. Elle a été rédigée par M. J.-G. Heck, d’après le système hydro-orographique, représentant la division naturelle des bassins maritimes et fluvieux, et les divisions politiques. Cette nouvelle division facilite singulièrement l’étude de la science géographique. Ainsi, le grand bassin Atlantique boréal européen, qui domine cette admirable carte, se subdivise en quatre parties :

  1. Rue Saint-Jacques, 59.
  2. cité Bergère, n° 1.