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Hook. Il a son genre à lui, son monde qui lui appartient, son atmosphère qu’ils n’ont jamais respirée, son langage qu’ils n’ont jamais parlé. Sans doute on trouve dans le cercle magique tracé par sa baguette, un ciel et une terre, des bergers et des bergères, des passions humaines, craintes et espérances, antipathies et sympathies, amour et haine, comme dans toutes les fictions. Mais l’horizon de Hogg se colore d’une lueur prestigieuse ; mais il y a de la magie, une aurore boréale, une lumière fantastique, une auréole de féerie, qui couronnent et dominent l’ensemble. Voilà ce que Hogg sait créer ; et cette création qui le séduit, le perd. Heureux de s’égarer dans de si étranges domaines, dans ces terres australes et merveilleuses, il oublie que son lecteur a peine à le suivre au milieu de tant d’obstacles, de landes inconnues, de roches aiguës et d’étangs limoneux. Devant lui voltige le feu follet d’une imagination capricieuse, qui le captive et qui l’égare.

Ses deux romans en prose, Dangers des hommes et Dangers des femmes sont loin d’être complets. La conception en est puissante, les élémens d’une belle œuvre s’y trouvent ; mais le monde invisible et le monde visible s’y entrechoquent, sans qu’une harmonie mystérieuse les unisse, sans que l’ensemble ait un caractère de grandeur et de simplicité. Entre la création de l’écrivain et le lecteur, des nuages s’élèvent, qui tantôt nous laissent entrevoir de hautes tourelles, des créneaux sombres, des colonnades magnifiques, tantôt se referment et nous cachent tout l’édifice pour se rouvrir ensuite et dévoiler à nos yeux une poterne, une tour, un portique, une fenêtre sculptée. Que ces échappées de vue vous suffisent. Vous n’en apercevrez pas davantage.

Hogg a plusieurs autres défauts encore. Il s’obstine à créer des personnages