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Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/536

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l’amour naissant qui s’y cache, se revêtiraient d’un coloris sans fard, et nous livreraient quelques-uns de leurs mystères par des aspects applanis ! Comme les pâles et arides intervalles s’étendraient avec tristesse jusqu’au sein des vertes années ! Que la lutte serait longue, marquée de sacrifice, et que le triomphe du devoir coûterait de pleurs silencieux ! Allez, osez, ô Vous dont le drame est déjà consommé au dedans ; remontez un jour en idée cette Dôle avec votre ami vieilli ; et là, non plus par le soleil du matin, mais à l’heure plus solennelle du couchant, reposez devant nous le mélancolique problème des destinées ; au terme de vos récits abondans et sous une forme qui se grave, montrez-nous le sommet de la vie, la dernière vue de l’expérience, la masse au loin qui gagne et se déploie, l’individu qui souffre comme toujours, et le divin, l’inconsolé désir ici-bas du poète, de l’amant et du sage !


SAINTE-BEUVE