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Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/46

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MELANGES


DE SCIENCES ET D'HISTOIRE NATURELLE





LE GUACO ET LES CURANDEROS DE L’AMÉRIQUE DU SUD


C’était autrefois une chose bien consolante que de lire un traité de matière médicale, car non-seulement on y voyait pour chaque maladie vingt remèdes infaillibles, mais on y trouvait encore le moyen de se préserver des divers accidens et d’attirer sur soi toute sorte de prospérités.

Chaque plante, en effet, avait, outre ses nombreuses vertus curatives, quelque propriété mystérieuse que l’auteur du livre ne manquait pas de faire connaître ; l’une, portée dans la poche, éclaircissait la vue ; l’autre défendait contre l’action du mauvais œil ; celle-ci faisait découvrir les trésors cachés ; celle-là rendait heureux au jeu.

Rien n’était impossible à l’homme qui connaissait les vertus des herbes ; il pouvait se faire aimer des femmes, mettre la discorde parmi ses ennemis, attirer le gibier dans ses pièges, le poisson dans ses filets, se faire suivre des loups et obéir des serpens.

La plupart de ces merveilles étaient déjà connues de l’antiquité,