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Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/459

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MARIE TUDOR




M. Hugo paraît avoir sur les prérogatives de la fantaisie une opinion absolue, personnelle, inébranlable ; la discussion et l’analyse, pour se prendre à ses œuvres, pour en deviner l’intention, pour en estimer la valeur, sont obligées, à chaque nouvelle épreuve, de choisir un nouveau terrain, et de préparer des armes inusitées. Pour notre part, nous ne regrettons pas les difficultés de la lutte, et nous n’avons pas assez d’orgueil pour nous abuser sur l’autorité de nos paroles. Nous savons très bien qu’une pensée qui se traduit par la dialectique, qui approuve ou qui blâme au nom de la vérité qu’elle croit avoir aperçue, n’aura jamais la même force et la même puissance qu’une œuvre échappée d’une main habile, et montrée à la foule assemblée. Nous n’espérons pas que notre avis, si juste qu’il puisse être, suscite un poète selon notre volonté, irréprochable aux yeux de notre conscience, et pour lequel nous n’ayons plus à chanter qu’un éternel hosannah. Ce qui entre dans nos espérances et nos desseins, c’est d’agir sur le goût public, c’est de montrer nettement aux esprits sérieux ce qu’ils entrevoient d’une façon confuse, l’altération progressive des élémens essentiels de la poésie, et d’indiquer, autant qu’il est en nous, le moyen de ralentir