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Cet écrivain célèbre est très petit de taille ; son caractère est obligeant ; il est recherché dans sa parure et très aimable dans le monde.

WILSON. — La partie occidentale de l’Écosse a produit Burns, Grahame, Campbell et Wilson [1]. Il est né en 1789 à Paisley. Son père, homme fort riche, lui fit donner une éducation classique d’abord à Glascow, puis à Oxford, où il obtint des succès éclatans. On couronna une de ses compositions en vers, intitulée : la Sculpture antique, œuvre qui promettait un talent remarquable.

  1. Aujourd’hui rédacteur en chef du Blackwood’s Magazine, Robert Wilson exerce une très haute influence sur la littérature d’Écosse. C’est surtout comme prosateur qu’il est remarquable, par l’abondance de sa diction, le libre emploi de tous les idiotismes vulgaires, qu’il relève et fait valoir par le mélange hardi de toutes les couleurs. Il y a plus d’un rapport entre sa prose vigoureuse et la prose enflammée de Diderot. Il soutient le parti conservateur, ou le torysme, dernier débris du jacobitisme antique, et le défend avec éloquence. Wilson excelle dans tous les exercices gymnastiques. C’est un excellent chasseur, un boxeur accompli, un grand amateur de pêche et un bon maître d’escrime. Ses poèmes ont de la verve, de la grandeur ; le spiritualisme exalté qui les anime efface peut-être trop souvent les couleurs et les détails de la vie réelle ; l’élévation, la pureté, la piété, le pathétique, qui manquent à Crabbe, constituent le génie poétique de Wilson, dont la réputation à l’étranger n’est pas aussi haute qu’elle le mérite, et qui, comme la plupart des intelligences variées et inconstantes qui se livrent trop à la critique, a perdu en gloire ce qu’il gagnait en influence.