Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/202

Cette page n’a pas encore été corrigée


J<)H REVUE DES DEUX MONDES.

l’OS. L’obscurité ne permeltanl plus qu’on l’attaquât avecrépëe, on le harcela de mille façons, pour l’épuiser, pour le contraindre à s’abattre de lassitude ! Mais , plein de force encore , il tenait bon ; et s’ étant retranché dans l’un des coins de l’arène, il se maintenait contre ses nombreux ennemis. — Il ne devait point cependant y avoir pour lui de grâce. Il fallait qu’il mourût, et qu’il mourût misérablement. Un chulo s’avança bientôt armé de la média iuna, afin de l’achever en lui coupant traîtreusement les jarrets. Les ténèbres, qui s’épaississaient à chaque instant, auraient dû se hâter davantage, et couvrir au moins lout-à-fait de leur ombre ce lâche assassinat ! Il n’en fut pas ainsi.

Soudain et comme par enchantement, les torches de cire, qui étaient déjà préparées dans leurs candélabres, s’allumèrent au même instant à tous les balcons de la place. — On eût dit qu’un éclair avait lui , qui s’était prolongé et était resté au ciel. — Une vive et éclatante lumière remplaça tout à coup l’obscurité et fit de nouveau jaillir de l’amphithéâtre et des croisées les milliers de têtes qui les encombraient.

C’eût été là un magnifique spectacle sans la hideuse scène que cette rapide illumination vint éclairer. A sa clarté, on vit, au milieu du cirque, le pauvre taureau, les deux jarrets de derrière coupés, sautant sur les tronçons de ses jambes mutilées et menaçant encore les quarante bouchers qui l’entouraient. D tomba enfin.

C’était le dénouement. — La grande course royale était terminée. Le sang avait coulé pendant trois heures. — Leurs majestés se levèrent pour retourner à leur palais. — Il y avait le soir à la cour baise-main des dames.

D. Juan Martinez.