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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/76

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contribuables de considérer qu’il m’est impossible de verser le montant des taxes, et de rembourser les sommes qu’il m’a fallu emprunter, si je ne les recouvre pas de ceux qui les doivent. Je ne saurais imaginer la raison pour laquelle ceux sur qui les taxes sont imposées, négligent de les acquiter. A en juger par la négligence d’un grand nombre, on croirait qu’ils pensent que c’est pour moi que je les perçois, ou que j’ai assez de fortune pour les payer à moi seul, où que je puis attendre jusqu’à ce qu’il leur soit commode de le faire eux-mêmes. Ce n’est pas pour moi que je perçois les taxes, et je ne suis pas assez riche pour les acquitter à moi seul ; je ne suis chargé que de les recueillir. Il m’en coûterait beaucoup d’être obligé, pour les recouvrer, de recourir à l’autorité que me donne la loi. Il me semble que ce devrait être le premier souci d’un bon citoyen de payer ses impôts, car c’est par là que le gouvernement est soutenu. A quoi servirait que les taxes fussent assises, si elles n’étaient pas perçues ? Comptez donc que je procéderai selon la loi pour y parvenir, et gouvernez-vous en conséquence.

John Spencer, collector.


P. S. MM. St-Clair et Dunn partent pour Indianapolis, le 27 du courant : je prie tous ceux qui pourront me payer d’ici là de le faire, afin que je puisse m’acquitter autant que possible, et m’éviter, en partie du moins, l’amende de 21 pour cent dont je serai frappé après le 8 décembre prochain. »


A en croire mistress Trollope, les lois en Amérique ne seraient guère plus respectées que les magistrats ; il est vrai que ces deux choses se tiennent d’assez près. Entr ‘autres passages, nous citerons le suivant.


« Quant à leur incomparable liberté, je ne la comprends pas davantage. Leurs common laws sont copiées des nôtres, et la seule différence, c’est qu’en Angleterre elles sont respectées, tandis qu’en Amérique elles ne le sont pas.

« Je ne dirai rien de la police des villes de la côte ; je la crois bien faite : celle de New-York du moins à cette réputation ; mais hors du rayon des villes, le mépris de la loi est si grand, qu’en le signalant je n’ai pas l’espérance d’être crue. L’injure, l’outrage, le vol, le meurtre même, sont journellement commis sans le plus léger essai de répression légale.

« Pendant l’été que nous passâmes au Maryland, nos promenades se