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SCÈNES HISTORIQUES.

Quant à Tanneguy-Duchâtel, c’est un de ces hommes de tête et de cœur, de courage et d’exécution, dont l’histoire coule en bronze les rares statues ; son dévouement à la dynastie le conduisit à l’assassinat : ce fut sa vertu qui fit son crime. Il commit le meurtre au profit d’un autre, et en garda pour lui la responsabilité : son action est de celles que les hommes ne jugent pas, que Dieu pèse, que le résultat absout. Simple chevalier, il lui fut donné de toucher deux fois aux destinées presque accomplies de l’état et de les changer entièrement : la nuit où il enleva le Dauphin de l’hôtel Saint-Paul, il sauva la monarchie ; le jour où il frappa le duc de Bourgogne à Montereau, il fit plus encore, il sauva la France[1].

  1. Nous rappellerons, une fois pour toutes, que nous exposons dans nos résumés de règnes, d’époques ou d’événemens, une opinion purement personnelle, sans aucun désir de prosélytisme, sans aucun espoir qu’elle devienne générale.