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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/641

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qu’on a explorée est d’une navigation plus facile que l’Oyapock. Les missionnaires avaient trouvé sur ses bords plusieurs peuplades indiennes qu’ils avaient rassemblées à son embouchure sur la rive droite, de sorte que la mission donnait à la fois sur les deux rivières. Ainsi qu’à Saint-Paul, on y trouve de vastes plantations de cacaoyers, et rien n’indique extérieurement son existence passée ; elle a été dispersée à la même époque que cette dernière. Saint-Paul envoyait tous les mois un canot à Cayenne, et c’était par son intermédiaire que la mission du Camopi recevait les ordres des supérieurs et les objets d’Europe dont elle avait besoin. Il n’y a pas de doute qu’en suivant ce système de missions placées de distance en distance, les missionnaires n’eussent fini par changer la face de la Guyane. Ils avaient déjà exploré à diverses reprises la partie supérieure de l’Oyapock, mais le temps leur a manqué pour s’y établir.

Immédiatement au-dessus du Camopi, l’Oyapock se rétrécit sensiblement, et sa largeur n’est plus que d’environ cent toises. Le lit de la rivière ressemble parfois à un vaste canal qui se prolonge à perte de vue. Les collines des deux bords sont presque devenues des montagnes, et on découvre à l’horizon celles où sont situées les premières habitations des Oyampis. Nous y arrivâmes le même jour après avoir franchi le saut de Coumarawa.

L’habitation où nous nous arrêtâmes appartient à un Indien Oyampi, nommé Awarassin, chez lequel nous trouvâmes une vingtaine d’individus des deux sexes, tant de sa famille qu’étrangers. Tous étaient barbouillés de genipa et de rocou ; leurs cheveux surtout étaient couverts de cette dernière substance, qui les faisait paraître d’un rouge éclatant. Ces deux couleurs ne formaient aucun dessin régulier sur leur corps, mais un grossier barbouillage fait à la hâte avec les doigts, moins comme ornement que pour les préserver de la piqûre des maringouins qui craignent